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Publié le 2 octobre 2026
Sur l'étiquette d'un disque dur Seagate antérieur à 2016 environ, on cherche une date de fabrication
et on ne trouve qu'une ligne « Date Code » suivie de cinq chiffres : 09117, 13214,
16265. Ce n'est ni un numéro de lot ni une date au format jour-mois-année. C'est une date
codée selon le calendrier fiscal de Seagate, et la lire « à l'intuition » mène presque toujours
à une erreur de plusieurs mois, parfois d'un an.
Pour un professionnel qui cherche un disque donneur, cette erreur a un coût : un donneur choisi sur une date mal décodée peut être écarté à tort, ou retenu alors qu'il est trop éloigné du disque patient. Cet article explique la règle de décodage, où trouver le code, les pièges de lecture les plus fréquents et la place exacte de la date dans le choix d'un donneur.
Pour un résultat immédiat, le convertisseur de date code Seagate traduit les cinq chiffres en date exacte, et inversement.
Le date code Seagate se lit en trois blocs : AA SS J (YYWWD dans la documentation anglophone).
| Bloc | Signification | Valeurs possibles |
|---|---|---|
| AA | année fiscale Seagate | 00 à 17 en pratique (et 9x pour les années 1990) |
| SS | semaine dans l'année fiscale | 01 à 52, parfois 53 |
| J | jour dans la semaine | 1 (samedi) à 7 (vendredi) |
Deux règles font toute la différence avec une lecture « calendrier civil » :
09 : année fiscale 2009, qui débute le samedi 5 juillet 2008 ;11 : 11e semaine, soit 10 semaines pleines après le début, la semaine
commence le samedi 13 septembre 2008 ;7 : 7e jour de cette semaine, le vendredi.Résultat : vendredi 19 septembre 2008. Un disque dont le code commence par « 09 » a donc été fabriqué en 2008.
L'effet de bascule en juillet est la source d'erreur numéro un. Comparez :
| Date code | Date de fabrication |
|---|---|
11523 | lundi 27 juin 2011 |
12011 | samedi 2 juillet 2011 |
Les deux disques sont sortis d'usine à cinq jours d'intervalle. Lus naïvement, l'un daterait de 2011 et l'autre de 2012. Tout disque fabriqué entre juillet et décembre porte le millésime de l'année civile suivante.
Le code figure sur l'étiquette du capot, en général sur une ligne libellée « Date Code ». Il est le plus souvent regroupé avec les autres informations de traçabilité :
9YN162-302) ;
Sur certaines étiquettes le libellé est réduit ou absent : le date code est alors le seul bloc de cinq
chiffres purement numériques à proximité du site code. Un code commençant par un chiffre élevé
(98…, 99…) correspond simplement aux années fiscales 1998, 1999.
Sur des étiquettes plus anciennes, le zéro initial de la semaine est parfois omis et le code ne compte
que quatre chiffres : 0111 se lit 00 01 1, soit le premier jour de
l'année fiscale 2000, le samedi 1er juillet 2000. Le convertisseur accepte les deux écritures.
Vers 2016, Seagate a abandonné le date code au profit d'une date imprimée en clair, au format
anglais : 04 NOV 2017, 03JUN2020. Plus de décodage nécessaire, mais une
conséquence pratique : quand on compare un patient récent à un donneur plus ancien (ou l'inverse), les
deux dates ne sont pas au même format. Pour les comparer proprement, il faut convertir l'une dans le
format de l'autre, ce que fait aussi l'outil (saisir une date en clair donne le date code équivalent).
Prendre AA pour l'année civile. C'est l'erreur la plus courante, décrite plus haut. Sur un disque produit au second semestre, elle décale la date d'un an.
Compter le jour 1 comme un lundi. Le jour 1 est un samedi. Sur un calcul fait à la main, partir du lundi décale la date de deux jours : sans gravité pour une compatibilité, mais gênant quand on veut confronter la date à une facture ou à un historique.
Oublier la semaine 53. Certaines années fiscales comptent 53 semaines (par exemple les années fiscales 2007 et 2012). Un code en semaine 53 est donc valide pour ces années-là, et suspect pour les autres : dans ce cas, relire l'étiquette avant de conclure.
Confondre date code et numéro de série. Le S/N Seagate mélange lettres et chiffres et ne contient pas la date en clair. Ses caractères servent à d'autres critères de compatibilité (voir plus bas), pas à dater le disque.
Lire une étiquette refaite. Un disque reconditionné ou remplacé sous garantie peut porter une étiquette différente de l'étiquette d'origine. Si la date de fabrication paraît incohérente avec le reste (modèle sorti plus tard, firmware plus récent que la date), la vérification du numéro de série sur le site de garantie du constructeur permet de lever le doute.
Pour un échange de têtes ou une intervention qui exige un donneur, la date de fabrication est un critère de départage, pas un critère principal. L'ordre de priorité pour un Seagate reste :
Pourquoi la date en dernier ? Parce que deux disques du même modèle, du même site et de la même configuration peuvent malgré tout avoir reçu des têtes ou un préampli de révisions différentes au fil de la production. Une date proche augmente la probabilité que les composants internes soient de la même série. Elle ne la garantit pas, et elle ne compense jamais un modèle ou une head map différents. Le détail de chaque critère, génération par génération, est dans le guide de compatibilité Seagate.
C'est surtout sur les anciennes générations que la proximité de date pèse lourd. Sur les plateformes plus récentes, la vérification du préampli et de la head map par lecture des informations de service du disque prime sur l'étiquette.
Pour remplacer la carte électronique (PCB), la date n'est pas le critère décisif : ce qui compte est le numéro de PCB gravé sur le circuit (9 chiffres + révision), le modèle, le part number et le firmware. Et sur toutes les générations récentes, le transfert de la ROM de la carte d'origine vers la carte donneuse reste indispensable, quelle que soit la proximité des dates.
Contrôler un disque d'occasion. La date de fabrication donne l'âge réel du disque. Confrontée aux heures de fonctionnement relevées dans les attributs SMART, elle permet de repérer des incohérences : un disque de 2012 affichant quelques dizaines d'heures mérite un examen attentif, les compteurs SMART pouvant être remis à zéro.
Dater un matériel. La date d'un disque borne la date de mise en service d'un ordinateur, d'un serveur, d'un NAS ou d'un enregistreur vidéo. C'est utile pour vérifier une garantie, et en expertise pour établir une chronologie.
Retrouver un donneur de la même période. Une fois la date connue, la liste des disques donneurs peut être filtrée sur une fenêtre de quelques mois autour de cette date.
Sources : documentation technique Seagate sur le format de date code (YYWWD), pratiques courantes des laboratoires de récupération de données pour le choix d'un disque donneur (modèle, head map, numéro de série, site, part number, préamplificateur, date de fabrication).